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Coronavirus : “La deuxième vague, c’est de la science-fiction”

 

Didier Raoult était ce soir l’invité exceptionnel sur BFM TV. L’infectiologue marseillais a répondu aux questions d’Apolline de Malherbe pendant près d’une heure. Traitement de la chloroquine, coronavirus, Macron, vaccin contre le Covid-19, comité scientifique… Le Professeur de l’IHU s’est exprimé en toute simplicité, avec son franc-parler habituel.  Voici les grandes lignes à retenir de son entretien exceptionnel.

La chloroquine ? “Moi, je suis un vrai scientifique !”

“Les choses étaient assez simples depuis le départ. Les Chinois étaient les premiers à faire des tests. La chloroquine donne des résultats satisfaisants. On recommande donc la chloroquine. Il n’y a pas beaucoup de médicaments qui révolutionnent l’espérance de vie. Moi, je suis un vrai scientifique ! Tout est toujours très difficile à prouver. Grâce à ce traitement, on a trois fois moins de morts. J’ai pas besoin de vous (BFM TV) pour vous dire ce que j’ai à dire. Je pense que l’on est dans un changement de modèle très important. On est dans une logique qui est celle de l’Europe et des Etats-Unis depuis le 19e siècle. Dans les crises, il faut accepter de prendre un certain nombre de risques. On est les seuls dans l’Europe de l’Ouest à ne pas avoir traité les patients. Les 15 pays où la mortalité est la plus forte, c’est l’Europe de l’Ouest et les Etats-Unis. 57% des médecins du monde utilisent ce traitement.”

Coronavirus : “On a fait 100 000 tests à l’IHU”

“Je ne pense pas que les Chinois mentent sur le nombre de morts. J’ai été impressionné par l’organisation des Chinois en 2005. L’IHU représente 10% de l’hôpital de Shanghai. Je ne vois pas pourquoi j’aurais vendu du rêve. On a fait 100 000 tests à l’IHU. Le nombre de cas touchés peut être différent en fonction des mesures. Je ne sais pas vraiment bien évaluer le confinement. Ce qui me fait le plus peur, c’est la peur. On a une population qui est vieille, inquiète, qui n’a jamais vécu de grande guerre. On ne supporte plus le risque. On a l’habitude de vivre vieux dans notre époque.”

Macron ? “Il a eu raison de venir me voir”

“Il a eu raison de venir me voir. C’était très bien, ça permettait d’exposer les données que j’avais. On était content de communiquer des données : le risque chez les enfants, la stratégie de la courbe… Je pense que la décision politique est au moins aussi compliquée que le fait de comprendre les épidémies. Le métier de politique est difficile, complexe. Macron, c’est un homme intelligent.”

“On n’a pas une mortalité extraordinaire”

“Les mesures de sécurité étaient efficaces. Le coronavirus n’est pas d’une contagiosité extrême. Les maladies les plus contagieuses que l’on a connues, c’est la rougeole et la variole. Il y a deux choses qui comptent : la contagiosité et la mortalité. L’histoire n’est pas finie. On n’a pas une mortalité extraordinaire avec le coronavirus. Il faut dire une chose : on a fait des progrès spectaculaires dans la réanimation. En principe, on ne peut pas l’attraper deux fois.”

Un vaccin ? “Un pari considérable”

“J’en sais rien. Je ne sais pas si cette maladie existera encore l’année prochaine. Il faut faire attention de ne pas faire des vaccins sauvages. C’est un pari considérable. La seconde vague ? C’est une espèce de fantaisie. C’est de la science-fiction. Je ne vois pas pourquoi il y en aurait dans ce cas. La grippe espagnole, c’est le grand Guignol qui sert à faire peur. L’histoire ne se répète pas.”

Les enfants et le déconfinement

“Je ne prédis pas ce qui va se passer. Les petits ne sont pas les plus exposés. Je ne serai pas inquiet mais rien n’empêche de changer d’avis. La décision politique est très difficile, longue et complexe.”

Tocilizumab – nouveau traitement

“Il faut donner quelque chose qui marche contre le virus. Si vous n’êtes pas traités, il y a un certain nombre de gens qui vont guérir tout seuls et d’autres non. Le Tocilizumab intervient dans le traitement contre l’immunité. L’hydroxychloroquine a un rôle à jouer

Le comité scientifique ? “Je ne suis pas seul contre tous”

“Ce n’était pas mon écosystème. Je ne suis pas du tout seul contre tous. Je n’ai pas de problème vis-à-vis des autorités. Je rapporte les données que j’ai. Les maladies infectieuses, il faut les traiter. Je ne rentre pas dans la folie terrifiante. La plupart des épidémies ont la forme d’une cloche. On a l’impression que les choses sont en train de se calmer. Je suis plus attentif à d’éventuelles séquelles de cette maladie.”

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