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Moez Joudi : La Banque centrale n’est plus en mesure d’intervenir pour redresser notre monnaie

 

 

Le dinar tunisien poursuivra sa descente aux enfers. Un euro était l’équivalent de 1,650 dinar en 2005, 1,922 dinar en décembre 2010- contre 2,5 à ce jour. Le dinar pourra se déprécier davantage pour frôler la barre de 3 dinars pour un euro d’ici 2020 surtout avec le nouveau dispositif poursuivi par la Banque Centrale de Tunisie – d’après les consignes du FMI- limitant son intervention sur le marché de changes pour corriger la dépréciation du dinar tunisien. Intervenant sur Radio Med, le vendredi 21 avril 2017, l’expert en économie  Moez Joudi a rappelé que . « Cette dévaluation du dinar est le résultat de la situation économique et du déficit commercial. Nos recettes en devises, provenant du tourisme, des exportations et des entrées de nos travailleurs à l’étranger ont chuté. La rareté de la devise a un lien avec cette dévaluation. Le taux de change effectif réel du dinar est surévalué de 6 à 13%. La Banque centrale n’est aujourd’hui plus en mesure d’intervenir pour redresser notre monnaie. Cela provoquera ultérieurement une baisse de sa valeur par rapport aux devises étrangers »  .L’expert économique estime que  « la conjoncture actuelle se caractérise par l’essoufflement de la compétitivité tunisienne, la crise de la Zone euro qui est marquée par une baisse de la croissance résultant de la baisse des exportations tunisiennes vers l’Europe, ainsi que par le choc de la révolution qui a provoqué l’explosion du marché parallèle, la montée de l’insécurité et la fièvre revendicative ».

Arrêter l’hémorragie !

L’impact de cette dévaluation sera énorme sur l’économie nationale « Les pertes, avoue, Moez Joudi,  deviennent colossales au niveau des marchés, des entreprises et des comptes et engagements de l’État. En trois jours, les pertes se chiffrent en milliards! Ça devient très sérieux. Les dernières mesures préconisées par le FMI risquent d’augmenter encore plus l’inflation et de décourager l’investissement! Outre les répercussions immédiates sur les coûts de production des entreprises tunisiennes! Autre incidence immédiate: les entreprises étrangères qui ont investit en Tunisie (en onshore notamment) vont se retrouver avec des résultats en dinars dépréciés et perdront au change lors de la conversion et des transferts de leurs dividendes! Il y a des entreprises qui perdront à coups de milliards à cause de ce glissement.La situation est préoccupante. Avec cette détérioration du dinar, il est quasi impossible d’atteindre les prévisions du gouvernement dans la loi de finances 2017 qui table sur une croissance de 2,5%. Selon les dires de Moez Joudi, « Youssef Chahed est appelé à réagir immédiatement, identifier les responsabilités et prendre des mesures conséquentes , c’est plus qu’urgent et important, il n’y a aucune exagération, c’est anormal et irresponsable ce qui s’est passé, il faut arrêter l’hémorragie! Il était temps! Mais il faut que ça soit bien conséquent et non pas symbolique. L’équation sera en même temps difficile avec les quantités importantes d’importations incompressibles, de matière première et de produits semi finis et finis qui rentrent dans les processus industriels de nombreuses entreprises nationales et de PME.» dit-il à Radio Med.

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