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La Chine, futur géant de la recherche médicale

Le pays investit massivement dans la recherche médicale, aussi bien pour augmenter la qualité des soins de sa population que pour prendre dans ce domaine une position dominante. Par Joseph Jimenez, PDG de Novartis.

Depuis quelques années, l’économie chinoise est en transformation radicale, et l’Empire du Milieu prépare maintenant le terrain pour réaliser de grandes avancées en matière de sciences et de technologie. Il veut notamment devenir un acteur majeur dans la lutte contre les maladies, et il y a toutes les raisons de penser qu’il jouera un rôle central dans les recherches en biologie.

Dépassée seulement par les Etats-Unis, la Chine consacre plus de 200 milliards de dollars par an à la recherche, comme l’indique un rapport publié par le McKinsey Quarterly. Le président Xi Jinping fait de l’innovation scientifique une priorité nationale, ainsi le 13° plan quinquennal privilégie des projets dans des domaines émergeants tels que la recherche sur le cerveau, la génétique, le big data ou la robotique médicale.

Des besoins criants en matière de santé

La Chine fait un grand effort en faveur de la recherche médicale car elle a des besoins criants en matière de santé. D’ici à 2050, la population chinoise âgée de plus de 65 ans devrait augmenter de quelques 190 millions de personnes. La grande majorité des problèmes de santé (plus de 80%) est liée à des maladies chroniques. Il n’est donc pas surprenant que la Chine  soit le deuxième plus grand marché pharmaceutique de la planète et que ses dépenses en matière d’innovation puissent atteindre 1.000 milliards d’ici à 2020 selon l’évaluation du  McKinsey Quarterly.

On peut également s’attendre à une révolution scientifique en Chine en raison du nombre d’étudiants en sciences. Plus nombreux que dans tout autre pays, quelques 2,5 millions d’étudiants diplômés sortent chaque année des universités (5 fois plus qu’aux USA), dont prés de 30.000 étudiants titulaires d’un doctorat. Par ailleurs, le gouvernement incite les scientifiques chinois qui travaillent à l’étranger (souvent dans des institutions occidentales de haut niveau) à revenir. C’est ainsi que plus de 4.000 d’entre eux sont rentrés en Chine dans le cadre du programme « Mille talents » depuis sa création en 2008 jusqu’à l’été 2014.

Des avancées remarquables dans les années à venir

Cette évolution montre que l’Empire du milieu pourrait devenir un acteur incontournable de la recherche pharmaceutique mondiale et qu’il va être à l’origine d’avancées remarquables tout au long des années à venir.

Les grandes firmes pharmaceutiques en tiennent compte. Ainsi la mienne, Novartis, participe à la recherche et au développement ( R&D) en Chine depuis 10 ans. Nous avons ouvert notre première unité intégrée de R&D en 2006, la plus grande de toutes les firmes internationales, et nous avons ouvert récemment une nouvelle unité au sein du parc scientifique Zhangjiang à Shanghai. C’est là que des chercheurs chinois de premier plan (nombre d’entre eux reviennent de grands centres de recherche comme Harvard ou le MIT) étudient des maladies endémiques en Chine. Il s’agit du cancer du poumon, du foie, de l’estomac ainsi que d’autres maladies hépatiques comme l’hépatite B, la fibrose et la cirrhose. La Chine est proportionnellement bien plus touchée que les autres pays. Ainsi l’incidence de l’hépatite B y est presque 30 fois plus élevée qu’aux USA, celles du cancer de l’estomac et du cancer du foie 11 à 18 fois plus élevées qu’aux USA ou en Europe.

 

Par Joseph Jimenez

D’après  La Tribune

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